Quelques images de détresse où on essaye de se dire que ce n'est pas si grave, sans détourner les yeux de honte, en regardant les mendiants comme des humains, sans souffrir à leur place, mais en mesurant sa propre grâce divine d’être du « bon côté » comme il me semble que je suis.
Un œil crevé qui s’infecte, des pieds d’éléphants, des mains coupées, la douleur au grand jour qui n’est pas prise en charge, par personne.
A la fois soulagée de pouvoir regarder la réalité en face sans pleurer.
L’étape des idées pour le changement reste à venir. Mais être heureuse et ne pas se plaindre serait un début intéressant.
J’étais quand même pétée de rire quand ce grand adulte bien en forme est venue me demander de l’argent pour se remplir le ventre : pas parce qu’il quémandait pendant que les policiers tentaient de racketter le chauffeur de l’institution d’accueil à Conakry, chauffeur qui circule sans son permis il est vrai, comme à peu près 80% des véhicules en circulation. Les deux ingénieurs qui nous accompagnaient négociaient, le mec vient me demander des thunes pendant que j’attends que ça se passe, inquiète de l’heure qui tourne et de notre prochain rendez-vous…je le fixe donc dans les yeux, et il se met à rire tout seul !! du coup j’ai ri aussi, je trouvais la situation complètement grotesque ! Je lui ai dis « pardon (stp en fait), la prochaine fois, on est dans les problèmes là tu vois » . Il est parti sans demander son reste…
D’un côté je ne savais pas s’il avait faim, ou soif, et si ce peu d’argent aurait servi à qlqchose… et de l’autre je pensais à ces policiers qui n’ont même pas les moyens de mettre des amendes, et qui vivent du racket…
Bref la journée ne se finit pas sans un geste pseudo généreux, espérant qu’il soulage quelqu’un d’autre que ma conscience !!
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